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Sep 7, 2007

Callas on YouTube


This is why YouTube is a bad idea for people like me who can't sleep: it just doesn't help. Some great videos I found;
  • an interview (a discussion rather, and a very friendly one) with Lucchino Visconti (in French)
  • a German report (I don't speak German either folks) about the Norma that opened the 1960-61 Scala season; I truly recommend the way Maria ends the interview (in Italian) with two quick "danke danke" (6 min 34) and the Pierre Balmain interview (in French, 4 min 11) that has nothing to do with opera but everything with the evening gowns
  • an extract of one of the masterclass Maria gave at the Juilliard School of Music, New York in 1971-72 (sound only); how to sing "Cortigiani, vil razza dannata" from Rigoletto
Other wanderings;
  • "Huayno Peruano Navideno" performed by Juan Diego Florez and the Vienna Boys Choir (aka when opera meets traditional South American music);
  • Franco Corelli getting ready for Christmas, relaxing on a picnic with his wife Giulietta Simionato (I especially admire the "peach knife art") & the opening of the 1961 season of the Arena di Verona (aka when Paris Match meets opera);
  • Glenn Gould playing Bach (aka when Asperger meets classical music);
  • Paul Potts singing "Nessun dorma" from Puccini's Turandot (for those who have miss this aria played everywhere yesterday to illustrate the way Pavarotti sang - especially a good example with his performance during the 2006 Winter Olympics in Torino though [could journalists know less about singing, I wonder]-), aka when opera meets reality TV


Jan 13, 2007

Blind test #3

What about another blindtest? So, which opera is that extract from? (this is an easy one, let's face it, featuring my beloved Franco Corelli)

Jan 2, 2007

[Ears openers] I. Franco Corelli

Le plus beau,
le plus fort,
le plus grand.

Si!




Né à Ancône le 8 avril 1921 d'un ouvrier des chantiers navals, le petit Dario Corelli (son véritable prénom) se destine très tôt à la carrière d’ingénieur naval (à Ancône, capitale de la région des Marches, il n’existe guère d’autre salut) et effectue ses études à l’université de Bologne.
A 26 ans, il commence à fréquenter les conservatoires de Pesaro et Milan et quasi-autodidacte, perfectionne sa technique en écoutant inlassablement des enregistrements d’Enrico Caruso et Beniamino Gigli.

En 1951, il gagne le concours du Mai Musical de Florence, ce qui lui permet de faire ses débuts au festival de musique de Spolète le 26 août de la même année, dans le rôle de Don José (Carmen).

Dès lors, sa carrière est lancée.




Sa voix puissante et chaude est caractérisée par un vibrato qui ne plaît pas à tout le monde selon la formule de E. Stinchelli dans Le Stelle della lirica (Gremese Editore, Roma, 1986).
De même, les « sanglots » dont il parsème son chant suscitent un magnétisme viscéral ou des critiques acerbes. Personnellement, j’y suis particulièrement sensible tant son interprétation vocale est animale et captivante, pour reprendre les termes d’un critique lors de ses débuts au MET le 27 janvier 1961 avec Leontyne Price dans Il Trovatore de Verdi.



Parmi les instants phares de sa carrière, il faut retenir La Battaglia di Legnano, donnée à la Scala en 1961, en commémoration du centenaire de l’unité italienne (enregistrement live à posséder absolument) et les Don Carlo donnés au MET au début des années 60.

Malgré sa présence virile et héroïque sur scène, et son physique remarquable (trouvez moi un ténor à la beauté plastique plus parfait que Corelli, franchement), il souffre d'un trac terrible ; «On devait le pousser sur scène» (Renata Scotto).

Il fait partie de la distribution de ce Norma resté dans les annales de l’opéra, donné à Rome le 2 janvier 1958, au cours duquel la Callas quitte la scène définitivement à la fin du 1er acte, sous le regard impuissant du président de la république italienne de l’époque, Giovanni Gronchi.


Il a chanté avec toutes les grandes cantatrices de son temps, Maria Callas bien sûr (enregistrement magnifique de Norma en CD) , mais aussi Renato Scotto (Turandot de Puccini en CD), La Tebaldi (La Gioconda d'Amilcare Ponchielli en CD), Anita Cerquetti hélas oubliée (Norma disponible en CD), Birgit Nilsson (déjà dans la distribution du Turandot précédemment évoqué, également dans Aida disponible en CD), Elizabeth Schwarzkopf (Hercules d’Haendel version live à la Scala de 1958 en CD), Régine Crespin (Il Trovatore chanté en 1959 à Lisbonne, à ma connaissance non disponible en CD) , Leontyne Price (Il Trovatore version live de 1962 disponible en CD dirigée par Karajan, dans laquelle il chante l’air de la 3e partie « Ah !si, ben moi » à la perfection), Joan Sutherland (Les Hugenots de Meyerbeer chantés en italien en CD, ou Faust de Gounod en CD où Corelli est un Faust à tomber), Christa Ludwig (présente dans la distribution du Norma avec la Callas que j’ai déjà mentionné), Marilyn Horne (Carmen à Philadelphie en 1962, non édité en CD), Mirella Freni (Cavalleria Rusticana de Mascagni en CD).

Il cesse de chanter sur scène en 1976, à 55 ans, alors que sa voix est perdue. Il meurt le 29 octobre 2003 à Milan, où il est enterré au Cimitero Monumentale (l’équivalent milanais du Père Lachaise).

"We have lost one of the greatest tenors of the world. One of the greatest tenors of the century. He was the most serious of his profession, and he was a great interpreter who made great sacrifices for his career" Carlo Bergonzi.




Autres CDs indispensables :

Don Carlo de Verdi, La Forza del Destino de Verdi (version live de 1958) dirigée par Francesco Molinari Pradelli avec Renata Tebaldi, Ettore Bastianini, orchestre du théâtre San Carlo de Naples, en DVD (si si !), Andrea Chenier de Giordano.



Bio on the web:

Franco Corelli: Tenor of the Century by Joern H. Anthonisen; Forum Opéra, Wikipedia.




Extraits YouTube :
Andrea Chénier concert Tokyo 1971, avec Ettore Bastianini dans La forza del destino (sublime extrait), autre extrait de La Forza del Destino avec Ettore Bastianini (toujours aussi sublime) .


Extraits audio:

Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea; Carmen, La fleur que tu m’avais jetée (chantée en italien), 1954; Core n’grato (live).






Liste complete de toutes les représentations chantées par Franco Corelli, de tous les enregistrements (opéras, récitals et autres) ici.




Oct 24, 2006

Du Darwinisme dans l'opéra

Grâce à la magie des rééditions de DVD, j’ai découvert une nouvelle version de La Forza Del Destino, de Verdi. Nouvelle version qui est un enregistrement live de 1958 (Teatro di San Carlo, Napoli). Starring Franco Corelli (ah Corelli), La Tebaldi, Ettore Bastianini, Boris Christoff dans le rôle du prêtre et Francesco Molinari-Pradelli à la direction. A la vision de ces images d’archives, plusieurs commentaires me sont venus, notamment sur l’évolution de l’opéra. Si vous ne connaissez rien à cet Art, si vous ne pouvez vous empêcher de vous boucher les oreilles quand un chanteur d’opéra force un peu sa voix, si le terme même d’Opéra vous fait d’abord penser à un navigateur web, si vous êtes réfractaire à cette musique donc, vous ne pouvez pas ne pas connaître les deux mots magiques : Maria Callas. Voir cet enregistrement me renvoie d’abord et avant tout à la Callas. Parce que la Révolution, c’est elle qui l’a initiée. Avant la Callas, il y avait des cantatrices avec des techniques vocales oh combien meilleures. La Tebaldi en est un très bon exemple. Particulièrement dans cet enregistrement. Mais ces cantatrices ne savaient que chanter. Aucune incarnation du personnage, aucun jeu d’acteur, aucune sensibilité. Juste de la technique pure. Magnifique. Mais oh so glaciale. Grâce à la Callas, les metteurs en scène ont eu leur mot à dire à l’Opéra. La première a incarner les personnages qu’elle chantait. Et l’opéra s’est enrichi de la notion d’interprétation théâtrale. Oh bien sûr, on est loin des acteurs de théâtre. Mais on est aussi désormais loin devant ces prestations des décennies passées. Premier constat donc. Deuxième réflexion ; Franco Corelli. Il est de notoriété publique que j’adore Corelli. J’adore ses trémolos (soit on les adore, soit on les déteste, le juste milieu n’existe pas avec Corelli), cette grandiloquence dans l’interprétation vocale. Corelli, dans la dernière scène de Norma par exemple, me donne envie d’être à la place de la Callas et de mourir avec lui sur le bûcher. Tant ses trémolos me parlent. Corelli, c’était le beau gosse des années 50-60; rentrant sur scène avec toute la prestance de son sex-appeal. Navrant. Un coq au milieu des volailles. [sigh] Mon Corelli. Mes si beaux trémolos. Un vulgaire coq. [sigh] Rajout du 24 octobre 2006: Que l'on ne s'étonne pas, ensuite, si je préfère les CDs aux DVDs.
Troisième constat : l’interprétation du chef, Francesco Molinari-Pradelli. Lourde. Pesante. Je ne sais pas si je suis si critique sur les chefs qui dirigent Verdi parce que j’ai tant d’affinités avec ce Maître qu’est Riccardo Muti. Ce chef qui a compris Verdi comme je l'ai compris. Ce chef qui livre, à chaque fois, des interprétations mémorables. La Forza del Destino par Muti, ça n’a rien à voir. C’est tellement plus relevé. Précis. Fin. Pêchu. Muti est extraordinaire de subtilité quand il dirige Verdi (pas forcément avec les autres compositeurs d’ailleurs). Un travail d’orfèvre. Une merveille. Il ne m’a jamais déçue. Mais, quand on aime l’opéra, quand on adore Verdi, quand on adore Corelli, on se délecte de ces rééditions et on en redemande.

[billet écrit le 3 décembre 2004, rapatrié de http://theperiodictable.blogspot.com/2004/12/du-darwinisme-dans-lopra.html]